Vous avez probablement entendu parler des passoires thermiques. Mais que cache réellement ce terme ? Pourquoi est-il si souvent utilisé dans le contexte des discussions sur l’efficacité énergétique des bâtiments ?
Comprendre la passoire thermique
Lorsqu’on parle de passoire thermique, on évoque généralement un logement ou un bâtiment particulièrement mal isolé.
Ces habitations, véritables gouffres énergétiques, laissent échapper la chaleur en hiver et peinent à conserver la fraîcheur en été.
Ces déperditions thermiques ont des conséquences directes non seulement sur votre confort mais aussi sur votre facture énergétique.
Le terme » passoire thermique » est apparu avec l’accent mis sur la transition énergétique et la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte en France.

Il désigne les bâtiments qui ont une très mauvaise performance énergétique, souvent classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE).
Ces logements, construits avant les normes d’isolation modernes, souffrent généralement de murs mal isolés, de toitures vétustes, de fenêtres à simple vitrage et, plus globalement, d’une absence d’efficacité énergétique.
En ces temps où les ressources naturelles doivent être préservées, il est crucial de comprendre l’impact des passoires thermiques sur l’environnement.
Ces bâtiments contribuent de manière disproportionnée aux émissions de gaz à effet de serre, accentuant ainsi le changement climatique.
Les conséquences d’une passoire thermique
Les répercussions d’une passoire thermique se manifestent à plusieurs niveaux : économique, environnemental, et social.
D’un point de vue économique, habiter dans un logement énergivore entraîne des coûts de chauffage et de climatisation exorbitants.
Vous vous retrouvez à payer des sommes conséquentes pour maintenir une température acceptable dans votre intérieur.
Sur le plan environnemental, les passoires thermiques sont des ennemies de la planète. Elles nécessitent une consommation excessive d’énergie pour compenser les pertes thermiques, favorisant ainsi l’utilisation de ressources fossiles et les émissions de CO2.
Ce phénomène aggrave la situation climatique actuelle et va à l’encontre des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre fixés par les accords internationaux.
D’un point de vue social, résider dans une passoire thermique peut avoir des conséquences néfastes sur la santé.
Un logement mal isolé peut mener à des problèmes de santé comme l’apparition de moisissures dues à une mauvaise ventilation, ou encore des problèmes respiratoires liés à des températures intérieures trop basses en hiver.
Enfin, sur le plan immobilier, la valeur d’un logement classé F ou G au DPE est généralement inférieure à celle d’un logement bien isolé.
Cela peut freiner une vente ou une location et obliger les propriétaires à consentir à des baisses de prix significatives.
Comment identifier une passoire thermique ?
Il est essentiel de savoir détecter les signes indiquant qu’un logement est une passoire thermique. Plusieurs indices peuvent vous mettre la puce à l’oreille.
Tout d’abord, si vos factures énergétiques sont anormalement élevées par rapport à des habitations similaires, cela peut être un premier signal.
Un autre indicateur est la sensation de courants d’air dans différentes pièces de la maison, même lorsque les fenêtres et portes sont fermées.
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est l’outil officiel pour évaluer la performance énergétique d’un logement.
Réalisé par un professionnel certifié, ce diagnostic attribue une note allant de A (très performant) à G (très médiocre).
Si votre logement se classe dans les catégories F ou G, il est officiellement reconnu comme une passoire thermique.
Les murs froids au toucher, une sensation de fraîcheur excessive en hiver ou de chaleur étouffante en été, ainsi qu’une mauvaise ventilation sont d’autres indices révélateurs.
Dans certains cas, l’absence d’isolation thermique des combles ou des murs peut être constatée visuellement.
Pour ceux qui souhaitent approfondir, des audits énergétiques plus détaillés peuvent être réalisés.
Ces audits vont au-delà du DPE et analysent précisément les zones de perte de chaleur pour fournir des recommandations spécifiques.
Les solutions pour en finir avec les passoires thermiques
Pour remédier aux désagréments des passoires thermiques, plusieurs solutions s’offrent à vous.
Le premier pas consiste souvent à améliorer l’isolation thermique du bâtiment.
Commencez par les toitures et les combles, zones les plus critiques pour les pertes de chaleur.
L’isolation des murs par l’extérieur ou l’intérieur est également une option efficace.
Remplacez les fenêtres à simple vitrage par des modèles à double vitrage ou même à triple vitrage pour une isolation optimale.
Il est aussi crucial de veiller à l’étanchéité des portes et fenêtres pour éviter les infiltrations d’air.
Pour aller plus loin, envisagez l’installation d’un système de ventilation mécanique contrôlée (VMC). Une bonne ventilation permet de maintenir un air sain tout en prévenant les problèmes d’humidité et de moisissures.
L’amélioration des systèmes de chauffage et de climatisation joue également un rôle clé.
Optez pour des chaudières à haute performance énergétique, des pompes à chaleur ou des systèmes de chauffage par le sol.
N’oubliez pas les aides financières disponibles pour les travaux de rénovation énergétique.
En France, des dispositifs tels que le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE), les subventions de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) ou encore l’éco-prêt à taux zéro peuvent alléger considérablement le coût des travaux.
Le cadre légal et les obligations des propriétaires
À l’heure actuelle, la lutte contre les passoires thermiques s’inscrit dans un cadre légal de plus en plus contraignant.
En France, la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte impose des obligations importantes aux propriétaires de logements énergivores.
Depuis le 1er janvier 2023, la mise en location des logements classés F et G est soumise à des contraintes strictes.
Les propriétaires doivent réaliser des travaux de rénovation énergétique sous peine de sanctions.
À partir de 2028, tous les logements devront être au moins classés E pour pouvoir être mis en location.
Cette législation vise à encourager les propriétaires à améliorer la performance énergétique de leur patrimoine immobilier.
Les locataires peuvent également exiger des travaux d’amélioration lorsque les conditions de logement ne répondent plus aux normes minimales de décence énergétique.
Les collectivités locales et les agences de l’État proposent des aides financières pour accompagner les propriétaires dans ces démarches.
Ces aides peuvent prendre la forme de subventions, de crédits d’impôt ou de prêts à taux zéro.
Elles sont souvent conditionnées à la réalisation de certains types de travaux et à des niveaux de performance énergétique atteints.
En fin de compte, la législation actuelle vise à réduire de manière significative le nombre de passoires thermiques en France, contribuant ainsi à un parc immobilier plus durable et respectueux de l’environnement.
Le coût approximatif de rénovation énergétique d’une passoire thermique

Le coût des travaux de rénovation énergétique d’une passoire thermique varie cependant considérablement suivant divers facteurs comme la taille de la maison, l’état actuel de l’isolation, le type de chauffage, et les travaux spécifiques nécessaires pour atteindre la classe E.
Pour en avoir une certaine idée, voici une estimation générale des coûts :
- Isolation thermique : murs, toit, plancher : entre 5 000 et 20 000 €. Elle inclut l’isolation des combles, des murs par l’intérieur ou l’extérieur, et éventuellement des planchers.
- Remplacement des fenêtres : entre 5 000 et 15 000 €. Le coût dépend du nombre de fenêtres et du type de vitrage choisi : double ou triple vitrage.
- Installation ou amélioration du système de chauffage : entre 4 000 et 15 000 €. Il peut s’agir de l’installation d’une chaudière plus performante, d’une pompe à chaleur, ou de radiateurs plus efficaces.
- Ventilation : entre 2 000 et 8 000 €. Une bonne ventilation est essentielle pour éviter les problèmes d’humidité après l’isolation.
- Autres travaux : ils peuvent inclure l’installation de panneaux solaires, l’amélioration de l’étanchéité à l’air, ou la modernisation des systèmes électriques. Ces coûts varient largement.
Pour faire passer une maison de la classe F ou G à la classe E, comptez ainsi entre 15 000 et 60 000 € en moyenne.
L’avenir des passoires thermiques
À l’horizon 2030, l’éradication des passoires thermiques est un objectif ambitieux mais réalisable.
La prise de conscience collective et les réglementations de plus en plus strictes constituent des leviers puissants pour atteindre cet objectif.
Les innovations technologiques continuent de repousser les limites de l’efficacité énergétique.
De nouvelles solutions d’isolation, des matériaux écologiques et des systèmes de chauffage et de refroidissement toujours plus performants sont régulièrement développés.
Ces avancées permettent aux propriétaires d’envisager des rénovations de plus en plus efficaces et durables.
L’implication des pouvoirs publics, des entreprises privées et de la société civile est cruciale pour accélérer cette transition.
Les politiques publiques doivent continuer à encourager les rénovations énergétiques par des incitations financières et des campagnes de sensibilisation.
